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J'ai remplacé mon carnet de croquis par la photographie, mes pinceaux par l'aérographe et mon burin par le rayon laser. Non dans le seul but d'innover, mais par absolue nécessité, l'évolution de mon travail et de mes concepts m'amenant à repenser mes moyens de création. S'il en éprouve le besoin, L'artiste doit pouvoir accéder à la technologie et s'en pénétrer. A la fois peintre et sculpteur, je voulais rassembler sous une forme monolithique la mosaïque de mes connaissances. Je cherchais dans cette communion un nouvel espace. En fait je souhaitais désespérément sortir de cette perspective globalisante qui rassemble le monde autour d'un point et arracher, enfin, une profondeur réelle à la platitude de la toile. Dans ma quête il m'a été donné de découvrir l'holographie à la fois science et image qui tend à devenir un art et attend d'être violée par les artistes. Mon carnet de croquis Etudiant à l'Ecole des Beaux Arts, de Paris, j'emportais toujours avec moi mon carnet de croquis que j'utilisais en tous lieux. Au fil des années ma peinture devenant de plus en plus descriptive, je troquais ce carnet par la photographie pour satisfaire mon besoin d'information. Aujourd'hui j'utilise une multitude de photos pour faire une peinture, la photographie n'ayant qu'une valeur documentaire et remplaçant mes premiers croquis. C'est ainsi que je n'essaie pas de faire des photos élaborées de mes sujets, mais un simple relevé descriptif. Je saisis les objets et les personnages tels qu'ils sont, sous différents angles, ensuite je les recompose et les transforme sur ma toile. Certaines photos sont classées dans mon répertoire de formes et de matière. Si je peins un drapé, j'ai tout d'abord des documents avec différents drapé comme modèle. Je cherche ensuite dans mon répertoire une analogie correspondante. Il se peut que je veuille donner à mon drapé un aspect de fluidité. Je choisi alors des photos de cascades, de rapides, d'eau en mouvement et je peins l'analogie drapé/cascade. Je pourrais peindre aussi une analogie drapé/rocher. La photo en tant que carnet de croquis est un des premiers moyens qui aient contribué à l'évolution de mon travail. Mes pinceaux, mes couleurs J'ai commencé à peindre à l'aquarelle, puis à l'huile qui me donne de grands plaisirs et de merveilleuses sensations à la fois par sa matière, son odeur et son histoire. Puis j'ai mixé la manière de travailler l'aquarelle avec la matière de l'huile en utilisant l'aérographe. Je sentais que c'était là mon vecteur. J'avais un contact différent avec la toile et je peignais avec un médium supplémentaire "l'air". Quant à mes couleurs elles n'ont pas de nom, mais je les symbolise par trois chiffres, chacun allant de 1 à 9 et correspondant au dosage que j'effectue avec le jaune, le rouge et le bleu. J'adore travailler avec mes couleurs numériques à base des couleurs primaires. Je les ai conçues, elles entrent totalement dans ma démarche picturale. Mon burin Je suis également sculpteur, mais un sculpteur ayant troqué son burin par un rayon de lumière - le laser. Au terme d'une approche laborieuse et difficile, techniquement, je conçu enfin les holopeintures qui sont des images à la fois planes et en relief suggéré par la peinture, mais également dotées d'une profondeur réelle grâce à l'hologramme sculpture de lumière. Pour voir un sujet, il faut très peu d'éléments, la lumière éclairant le sujet et la réflexion de la lumière issue du sujet. En ayant la possibilité de conserver cette réflexion, on pourrait se passer du sujet. C'est ce que fait quotidiennement la mémoire. L'hologramme est un miroir qui aurait une mémoire. J'ai placé ma première holopeinture comme un jalon à la charnière de la tradition constituée par l'huile et la toile et la technologie de pointe qu'est l'holographie. Mes sujets Ils ont un registre assez vaste, allant de personnages aux objets en passant par des paysages sans vraiment faire une fixation obsessionnelle sur une catégorie de formes. Certains éléments reviennent toutefois régulièrement, comme une sorte de langage propre qui ressemble à une manière de tourner ses phrases. Les sujets ne sont pas réellement dans la forme mais dans la sensibilité et les sentiments pour les êtres, les objets ou les paysages avec lesquels j'ai des affinités. Nous ne voyons que la forme extérieure des sujets, la peinture n'est qu'une peau de pigments sur une toile. Ma démarche est de peindre la peau des choses avec une arrière-pensée sous-cutanée. Mes titres Mes titres n'ont pas la fonction d'expliquer, de désigner ou de dissocier la peinture, mais de procurer un espace émotif supplémentaire. C'est comme si le titre était une couleur que j'apportai en dernière minute et qui exprimait l'acte visuel. Mes tendances Aujourd'hui les tendances ont éclaté, chaque artiste s'exprime pleinement sans suivre une mode. Ma tendance picturale est, être face à moi-même. Ma culture picturale Je ne me défini pas exactement une culture visuelle, elles sont toutes en moi. Chaque époque a ses uvres majeures, à celles-ci j'y porte le plus grand intérêt. En plus de l'uvre elle-même, on y voit les rapports de l'homme avec le monde qui l'entoure. Plus importants que les historiques, l'histoire de l'art raconte les faits de civilisation et les tentatives des artistes à inventer le futur. Mon discours Je n'ai pas à convaincre. l'uvre compte et parle elle-même, la démarche de l'artiste n'a pas à justifier ni à changer un résultat. Mon discours et ma démarche sont dans une manière de peindre, de vivre et d'exister. Peindre un gris que l'on pourrait supposer fait de noir et de blanc, mais au contraire, d'un mélange numérique de bleu, de jaune et de rouge, c'est peut-être, déjà une démarche en soi. |
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